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Biographie

Photographe documentaire basé à Paris, j’entame ma carrière en 2009 comme assistant de plateau au Studio de L’Olivier(Paris) pour Jean-Paul Goude et Bettina Rheims. Durant 6 ans, je travaille principalement pour des institutions culturelles dans le domaine de la musique, du cinéma et du patrimoine (Nuit de Fourvière, Musée des Confluences, Festival Lumière,
Orchestre de Paris,…). Depuis 2016 et l’obtention de mon diplôme de “Photojournaliste Documentaire” à l’EMI-CFD (Paris), j’oriente mon travail vers la presse en répondant à des commandes de reportages et de portraits. En juillet 2016, je remporte le “Prix Paris Match – Pure Essentiel” du Photoreportage Etudiant avec mon premier sujet au long court “L’agriculture à la peau dure”, sur le parcours d’un jeune agriculteur dans l’Ain. En 2019, je suis nominé à la Joop Swart Masterclass du World Press Photo par l’Agence Vu’. Aujourd’hui, je continue de collaborer avec des journaux et magazines en tant que photographe et éditeur photo (Libération, AFP, Parisien Weekend,….), tout en me concentrant sur la production de projets documentaires personnels au long court. Mon dernier projet “Exils Egéens” est finaliste du Prix Maison Blanche 2019 et du Prix Mentor 2019.

Éxiles Égéens

Lesbos. Deux populations, deux histoires de migrations. En 2015, près de 500 000 réfugiés originaires du Proche-Orient débarquent sur les plages de Lesbos. L’île grecque n’est alors qu’un lieu de transit, une étape obligée de quelques jours avant de continuer sa route vers le reste de l’Europe. L’épreuve de ces arrivées massives réveille la mémoire collective des habitants de l’île. Elle fait écho à la « Grande Catastrophe » de 1922, qui provoqua l’exil d’1,3 million de Grecs orthodoxes, installés depuis l’Antiquité en Asie mineure. Fuyant les épurations ethniques orchestrées par Mustafa Kemal, fondateur de la République turque, 45 000 réfugiés grecs arrivent à Lesbos dans le plus grand dénuement. Située dans le Mer Égée à seulement 12km de la Turquie, l’île est encore aujourd’hui le carrefour des migrations entre l’Orient et l’Occident. En mars 2016, l’Union européenne et la Turquie négocient des accords visant à stopper le flux migratoire. Ils instaurent une restriction géographique pour les nouveaux arrivants sur les îles de la mer Égée. Dorénavant, ils doivent rester sur place en attendant le traitement de leurs demandes d’asile. Les séjours se prolongent et un quotidien s’installe pour ceux qui deviennent des nouveaux habitants de Lesbos. C’est à ce moment que je décide de partir en m’interrogeant sur le sort des réfugiés bloqués sur place. Durant deux semaines, je suis le travail des ONG, visite les camps, assiste aux patrouilles en mer des garde-côtes européens Frontex et recueille les témoignages des habitants grecs. De retour à Paris, le sentiment de frustration domine. J’ai l’impression d’avoir suivi un chemin balisé, une sorte de safari journalistique bien rodé. Je prends conscience qu’un long travail m’attend pour restituer l’ampleur de ce qui se joue ici. En 2018, je ressens le besoin de reprendre ce travail à zéro. Je retourne à Lesbos pendant 3 mois et opère un basculement dans ma démarche d’auteur. C’est désormais la mise en regard de ces deux migrations, ces deux populations, ces deux temporalités qui guident ma recherche photographique. A Lesbos, les exils d’hier et d’aujourd’hui se répondent, se regardent. Je veux approfondir la compréhension de ce territoire par le prisme de son histoire. En fouillant les traces du passé, je cherche à poser un nouveau regard sur les migrations contemporaines qui secouent l’île et ses habitants. Mêlant portraits et paysages, cette série est le résultat d’une étude plus personnelle faisant correspondre travail documentaire et recherche esthétique.

Votre premier souvenir photographique, la première émotion :

Les archives de mon père qui était lui-même photographe jusqu’à ma naissance.

Le labo, les odeurs des chimies et le sentiment de toucher une part de son histoire et du passé que je n’ai pas connu.

 Le ou la photographe qui a suscité votre passion : 

Les photographes du journal Libération et la diversité de leurs écritures photographiques. C’est une famille et une maison photographique où j’ai eu la chance de me former en tant qu’éditeur photo et qui continue de forger mon regard.

Votre première photographie :

Je n’ai aucun souvenir de ma première photographie. Mon père m’a toujours mis un appareil photo entre les mains.

Votre plus beau souvenir photographique

Depuis deux ans je suis en carte blanche avec l’Orchestre de Paris. Lors de mon premier concert, une chaise m’attend dans l’Orchestre, juste en face du Maestro. Je reste complètement époustouflé lorsque le concert commence et j’en oublie de photographier.

Le pire souvenir photographique

En 2016, sur l’île de Lesbos, mon premier séjour de 2 semaines. Le dégoût de suivre un chemin balisé pour raconter la situation de la migration sur cette île, le sentiment de nourrir les clichés sans pouvoir y échapper.

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